Impacts et dépendances des entreprises à l’égard de la biodiversité et contributions de la nature à l’humanité
Un rapport a été publié par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Ce texte examine et analyse de manière critique les approches utilisées pour mesurer les impacts
et les dépendances des entreprises vis-à-vis de la nature, et comment ces informations peuvent
être utilisées pour améliorer les résultats pour la biodiversité et les services écosystémiques
rendus à l’humanité.
Il s’adresse principalement aux gouvernements, aux entreprises et aux organisations du système
financier.
Ce rapport de l’IPBES établit une interdépendance fondamentale entre les activités commerciales
et la biodiversité. Il souligne que toutes les entreprises, quel que soit leur secteur, dépendent de
la biodiversité et ont un impact sur celle-ci.
Le document décrit les relations complexes des entreprises avec la nature, précisant que leurs
impacts et dépendances peuvent être directs ou indirects, cumulatifs ou liés à l’ensemble de la
chaîne de valeur.
Il identifie les différents risques pesant sur les entreprises tout en énumérant les opportunités d’action, telles que la création de nouveaux produits, les gains d’efficacité et l’amélioration de la résilience. Le rapport analyse également ce qui pousse les entreprises à agir, notant que leurs motivations incluent des facteurs intrinsèques et instrumentaux, qui varient selon le contexte socio-écologique.
Concernant les outils de mesure, le texte mentionne les différentes méthodes d’évaluation des impacts et dépendances :
- Méthodes descendantes (Top-down) : Modèles économiques ou analyses de cycle de vie. Utiles pour les décisions de portefeuille ou de stratégie d’entreprise pour évaluer les impacts potentiels globaux, mais manquent souvent de précision locale.
- Méthodes ascendantes (Bottom-up) : Observations sur site, surveillance participative. Essentielles pour les décisions opérationnelles nécessitant une précision locale et pour vérifier la réalité du terrain.
Il précise que les catégories de méthodes ne s’excluent pas mutuellement et représentent un continuum plutôt que des cadres stricts ; ainsi, à chaque niveau décisionnel, ces méthodes peuvent être appliquées à des fins très différentes. Toutefois, le rapport constate que les entreprises manquent souvent de données et que les connaissances demeurent incomplètes, particulièrement lorsqu’il s’agit d’intégrer des évaluations socioculturelles qui vont au-delà de la simple valeur économique et de la productivité.
Pour transformer les conditions actuelles, l’évaluation démontre que la collaboration et les actions collectives sont essentielles afin de créer un « environnement favorable ». Il explique que cet environnement nécessite des changements profonds dans les cadres juridiques, les systèmes financiers, les données technologiques et les normes sociales. Le texte détaille à ce titre le rôle crucial des institutions financières, qui peuvent utiliser des leviers comme les obligations vertes, l’investissement à impact social ou le financement mixte pour rediriger les capitaux vers la conservation de la biodiversité.
Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de tenir compte des inégalités entre les différents acteurs. Il observe que les petites et moyennes entreprises, ainsi que les acteurs des pays en développement, sont confrontés à des contraintes financières et structurelles qui nécessitent un soutien supplémentaire. De plus, le document souligne que les mécanismes actuels d’inclusion des peuples autochtones et des communautés locales sont insuffisants. Il recommande fortement aux entreprises d’adopter des politiques garantissant des prises de décision inclusives et d’intégrer les savoirs de ces communautés dans leurs programmes de formation et de renforcement des capacités.
